Cycles de vie et conservation des films


2 août 2017 ‐ Actualité du laboratoire

Nombreux sont les photographes qui accumulent les pellicules et les stockent en attente d’utilisation. Malheureusement, tous les films possèdent une date de péremption, et le moyen le plus efficace pour maintenir l’état des émulsions reste leur mise au froid. Or, les erreurs dans ce mode de conservation sont fréquentes et il n’est pas rare de voir apparaître des marques sur les photos, dues à l’humidité d’une réfrigération ou à une utilisation impatiente à la sortie du frigo. Quelles différences de vie existe-t-il entre les différents films et comment conserver ces derniers sans altérer leur composition ?

Le cycle de vie

Comme toute chose en ce monde, les films possèdent un cycle de vie, c’est à dire qu’il existe une période après leur fabrication où ils ne sont pas encore mûrs puis, par la suite, la balance de leur couleur et leurs caractéristiques techniques s’améliorent pour connaître une période où le film arrive à maturité avec un meilleur rendu colorimétrique. De cette phase s’ensuit celle de la dégradation, au cours de laquelle les capacités de la pellicule se trouvent altérées.

Films professionnels et amateurs

Il est important de bien distinguer les différents types de films afin de les utiliser de façon optimale. On distingue 2 catégories de films : les professionnels et amateurs.

Les fabricants, considérant que les films amateurs grand public sont destinés à rester plusieurs mois chez les revendeurs et parfois autant de temps chez les utilisateurs, et ce dans des conditions de conservation parfois difficiles, font le choix de mettre ces films sur le marché bien avant leur mûrissement colorimétrique.

Ainsi, le film amateur n’est généralement pas au meilleur de ses capacités lorsqu’on l’achète, et on peut considérer qu’il atteindra son meilleur rendu de couleur environ 6 mois avant sa date de péremption (en cas de stockage convenable).

Les films professionnels quant à eux ne quittent les entrepôts des fabricants qu’au moment de leur maturité afin de garantir les meilleures qualités possibles en utilisation immédiate. Ainsi, ils doivent être utilisés rapidement et conservés dans les meilleures conditions.

La mention "Professional" inscrite ou non sur les boîtes vous permettront d’identifier le type de film auquel vous avez à faire.

La détérioration des films

Le processus de détérioration des films commençant à 23 °C, il est conseillé de conserver ses films non utilisés dans un réfrigérateur à une température inférieure à 10°C. Nombre de photographes n’hésitent pas à congeler leurs films sachant qu’ils ne les utiliseront pas avant une longue période de temps.

La conservation des films

Si vous n’utilisez pas vos films amateurs ou si vous n’avez pas prévu de shooter vos films professionnels prochainement, il est fortement conseillé de bloquer toute évolution de leur maturité par une mise au froid, c’est à dire à une température inférieure à 10°C. Pour un film amateur, on ne bloquera impérativement l’évolution qu’au sommet de la courbe de qualité, donc 6 mois avant la date de péremption.

Pour beaucoup de photographes, la mise au froid suppose un stockage au réfrigérateur, et parfois même au congélateur. Or, si la chaleur est le pire ennemi des surfaces émulsionnées, l’humidité l’est également, et un réfrigérateur est bien en endroit frais mais certainement pas sec !

Au contact de l’humidité, la gélatine présente sur les films se met à gonfler, se gorge d’eau et prend une consistance molle occasionnant alors des dégâts irréversibles.

Les lèvres des pellicules 135 n’assurent en aucun cas une étanchéité vis à vis de l’humidité. Seul un emballage scellé en usine et intègre vous assurera une atmosphère sèche.

En format 120, les films sont protégés par un papier de dos et sont généralement emballés dans un sachet hermétique scellé. Sans emballage hermétique, l’humidité rentre dans la bobine et imprègne le papier de dos qui présente des inscriptions à l’encre, inscriptions qui migreront ensuite par transfert vers l’émulsion qui se trouve juste au dessus.

Pour les plans-films, les grands fabricants tels que Kodak et Fuji vendent leurs produits dans des sachets scellés étanches. Lorsque la boite est entamée, plus aucune étanchéité n’est assurée. Les films dont la gélatine est gonflée se collent les uns aux autres, provoquant la survenue d’impuretés. On note également parfois le développement de colonies bactériennes au sein même de la gélatine, se traduisant par des zones circulaires plus foncées sur le film. De plus les bactéries ont besoin de se nourrir et la gélatine est un nutriment qu’elles affectionnent. Quand les bactéries ont terminé leur phase de croissance, la totalité de la gélatine a été consommé et nous pouvons noter des micro trous parfaitement circulaires au centre de ces zones plus foncées.

La présence de petites tâches noires sur votre film (blanc en positif) témoigne d’une présence d’humidité lors de la conservation.

En conclusion, conservez vos films dans une atmosphère fraîche (entre 10 et 20 °C) mais surtout sèche ! Évitez les réfrigérateurs si possible, ou veillez à les y stocker dans un emballage totalement hermétique. Surtout, utilisez vos films avant la date de péremption pour en tirer le meilleur ! I

Bien entendu, il n’est pas rare d’observer des films périmés offrir d’agréables surprises. Nos conseils s’appliquent ici pour un rendu fidèle aux promesses des fabricants.

Notez que les films vierges sont infiniment plus solides que les films exposés. Leurs couleurs varient moins, ils craignent moins la chaleur ou les rayons X au passage dans les aéroports. Ainsi, lorsqu’un film est exposé, il est conseillé de le traiter le plus rapidement possible, et il est également fortement déconseillé de le stocker au réfrigérateur.

À la sortie du frigo

Pensez à sortir la pellicule de votre réfrigérateur quelques heures avant son utilisation afin d’éviter la condensation !