Films Cinestill : les 7 erreurs à éviter


12 février 2019 ‐ Actualité du laboratoire

Les films Cinestill, crées par la conversion de films cinématographiques couleur Kodak, ont rencontré un franc succès depuis le début de leur commercialisation. Cependant, comme en témoigne la marque, ils font également partie des films les plus rapidement périssables derrière les films instantanés. Malgré ce succès important, quelques problèmes récurrents ont été constatés sur ces films par notre laboratoire et nos clients. Des informations que nous avons fait remonter auprès de Cinestill, qui ont dressé une liste des 7 ennemis à éviter pour ne pas se retrouver face à ces anomalies, et ainsi assurer la qualité des moments que vous saisissez.

ENNEMI N°1 : L’âge

Les films Cinestill sont périssables bien plus vite qu’on ne le pense : la marque recommande fortement de shooter ses films dans les 6 mois suivant leur achat ! Lorsque ces films sont expirés, il peut y avoir des anomalies dans les ombres, généralement présentes sur les bords du négatif. Cet effet destructeur (résultant de la combinaison du temps, de la chaleur et du rayonnement) est connu sous le nom de « Age fog » (pouvant être traduit par le « voile de l’âge » en français).

Certaines variables telles que la chaleur et l’humidité peuvent contribuer à cet « Age fog ». La nouvelle procédure de fabrication de Cinestill élimine la plupart de ces effets. Les films fabriqués avec ce nouveau processus sont reconnaissables à leur boîte en carton qui remplacera désormais celles en plastique.

©Correne Durand

Pour l’identifier : La couleur est étrange et le contraste fade. La plupart du temps, Les ombres présentent des anomalies, notamment sur les bords du film.


©Chris Gampat - Editor in Chief of The Phoblographer

L’éviter : Shootez les films dans les 6 mois suivant leur achat, et conservez-les au sec et au frais dans la mesure du possible, et ce particulièrement pour les films n’étant pas dans leur nouvelle boîte de vente au détail en carton. Cependant, même avec le nouveau processus amélioré, il est fortement recommandé de shooter et développer les films Cinestill le plus rapidement possible après l’achat afin d’en garantir les meilleurs résultats. Il n’y a rien de mieux que du film frais !

ENNEMI N°2 : La poussière et la saleté

Nous avons tous remarqué ces petites tâches blanches qui ne devraient normalement pas être présentes sur nos photos. Comme pour les craquements sur les disques vinyles, de la saleté et des peluches peuvent se poser sur vos films et devenir une partie de vos photos.


©Gable L’Heureux

Les identifier : Les points où formes blanches proviennent de la poussière ou la saleté présentes sur vos négatifs ou dans les scanners. Les points noirs ou les formes sombres dans vos images proviennent de la poussière et de la saleté présentes dans les appareils photo. Parfois, même un cheveu peut entrer et devenir un vrai parasite ! Concrètement, quelque chose empêche la lumière d’exposer le film, causant une silhouette de l’objet qu’il est.

Les éviter : Tout simplement garder son matériel loin de la poussière et de la saleté et nettoyer son appareil avant d’y charger un film !

ENNEMI N°3 : L’électricité statique

L’électricité statique est créée par la friction. Elle peut s’accumuler sur des parties de film, d’équipement, ou se créer lors de l’enroulement. Parfois même en chargeant le film pour le développement. Si elle s’accumule suffisamment, l’électricité statique s’arquera jusqu’au matériau neutre ou de charge opposée le plus proche. Il est plus susceptible de se produire dans un environnement frais et sec où l’humidité est inférieure à 40 %. Les étincelles statiques sur les films sont hautement improbables si l’humidité est supérieure à 60%.

L’identifier : L’électricité statique peut créer de nombreux problèmes sur votre film. Cela attire la poussière et peut même causer, lorsqu’elle est trop importante, des étincelles qui apparaîtront sur votre film comme des marques bleues ou rouges. Bien que peu commun, ce problème peut apparaître plus facilement sur des films très sensibles comme la CineStill 800T ou d’autres émulsions haute vitesse/poussée.


©Ryan Muirhead on pushed Tri-X 120

L’éviter : S’il fait froid et sec là où vous shootez, ralentissez ! L’électrostatique ne se formera pas aussi rapidement si vous manipulez votre film soigneusement et lentement.

ENNEMI N°4 : Les fuites de lumière

C’est probablement l’un des accidents les plus courants et les plus litigieux qui puisse exister avec votre film. Les fuites de lumière peuvent être amusantes dans certaines circonstances, et même créer des effets plaisants sur vos images. Mais quand elles sont indésirables, elles peuvent être très ennuyeuses et difficiles à enlever.


©Gable L’Heureux

Les identifier : La fuite la plus fréquente est au tout début du rouleau. Parfois, la lumière peut lentement s’infiltrer par la feutrine de la cartouche et causer des rayures rouges sur la première ou les deux premières images, ou le long des bords des pellicules au format 120. Pour le reste, on remarque les fuites à la répartition inégales des lumières sur vos photos.

Les éviter  : La plupart du temps, elles sont à l’origine de mousses d’étanchéité en mauvais état sur votre appareil. Pensez donc à les changer dès que celles-ci se détériorent (nous pouvons le faire pour vous !). Également, n’ouvrez pas le dos de votre appareil avant d’avoir entièrement rembobiné votre film, et soyez méticuleux lors du chargement du film dans votre appareil. Bref, n’exposez pas votre film à la lumière !

ENNEMI N°5 : dommages physiques

L’une des choses les plus frustrantes qui puisse arriver est lorsque votre film devient physiquement endommagé. C’est l’équivalent le plus proche d’une carte mémoire corrompue, à l’exception que vous pouvez encore obtenir quelques images intéressantes de lui.


©Danny Clinch on CineStill 120

L’identifier : Les films sont délicats et peuvent être rayés, pliés, déchirés ou même exposés s’ils sont manipulés trop rudement. Les dégâts les plus courants sur les films se présentent sous forme de rayures – souvent de longues lignes droites sur toute la longueur du film. Moins commun, vous pouvez également voir des choses comme des petits croissants blancs causés par un film plié, ou des éclaboussures colorées suite à une contamination d’origine chimique. Presque tous les dommages faits au film sont causés par l’appareil lui-même ou par le traitement du film.


©Correne Durand

L’éviter : Assurez-vous que vos appareils n’ont rien d’endommagé là où passent vos films, et confiez ces derniers à un laboratoire réputé. La meilleure chose qui puisse éviter les films endommagés est l’expérience. Une fois que vous avez endommagé un film, vous savez comment ne pas refaire les mêmes erreurs !

ENNEMI N°6 : Film mou

Le film enregistre la lumière pour créer une image. Si votre film est sous-exposé (lorsqu’il n’y a pas assez de lumière qui atteint le film) ou si votre exposition commence à s’estomper après une défaillance de l’image latente (lorsque trop de temps passe entre l’exposition de l’image latente et le développement), l’image enregistrée sera « faible » sur le film traité. On ne peut plus obtenir de noir profond ni de blanc vraiment blanc. La différence entre les noirs et les blancs est plus faible et les détails sont moins importants ». C’est peut-être l’ennemi le plus notoire du film.

L’identifier : Les négatifs mous ont pour conséquences des grains excessifs, de faibles détails dans les ombres et des images plates. Bien que l’exposition devrait être sombre, l’image peut être ajustée et éclaircie lors du scan et/ou du tirage.

L’éviter : La meilleure façon de prévenir les images sous-exposées, ou « minces », est de surexposer lorsque vous shootez. Le film peut être presque impossible à exploser. Si trop de lumière frappe le film, une image sera encore produite sur un négatif. Un négatif surexposé, même de 3 à 4 diaphragmes, peut alors être corrigé en scannant ou en imprimant.

Le film capture des images avec une réaction photochimique dans l’émulsion lorsqu’il est exposé à la lumière. Une "image latente" est formée au niveau moléculaire à partir d’halogénures d’argent qui sont invisibles à l’œil.

Si vous soupçonnez que vous avez peut-être sous-exposé votre pellicule, et que, par conséquent, vous resterez avec des négatifs « minces », la seule chose que vous pouvez faire est de demander un développement poussé à votre labo. Cela amplifiera l’image latente avant qu’elle ne commence à s’estomper.

La « défaillance de l’image latente » peut se produire au fil du temps, lorsqu’une image latente invisible se forme dans l’émulsion pendant l’exposition, mais commence à disparaître avant d’être rendue plus permanente par le développement chimique. Les premières choses que vous perdrez sont les zones de l’image qui ont été les moins exposées à la lumière, vos ombres. Si une image est exposée et ensuite laissée pendant plusieurs semaines ou mois avant le traitement, vous pouvez perdre même un diaphragme ou deux dans de précieux détails d’ombre. Cela se traduira par une image plus douce, moins contrastée et plus grandiose.

La seule façon d’éviter les défaillances d’image latentes est de développer votre film le plus tôt possible après le shoot. Si vous découvrez un vieux rouleau dans votre sac, et que vous n’avez aucune idée d’où il vient ou ce qu’il y a dessus, vous pouvez toujours pousser le développement. Cela aidera à faire ressortir une plus grande partie de l’image latente restante sur le film.

ENNEMI N°7 : La mauvaise qualité des scans

Ce dernier ennemi est probablement le plus commun, mais le moins permanent. Lorsque les bons négatifs ne sont pas bien numérisés, la qualité de l’image développée n’est pas représentée avec précision.

L’identifier : Ceci peut apparaître sous la forme de scans « sales », d’une mauvaise correction des couleurs et de la densité, d’une absence de zone noire ou d’une sortie basse résolution.

L’éviter : Dans tous ces cas, la solution est simple : renumérisez correctement vos images ! Souvent, la mauvaise calibration des scanners y est également pour quelque chose ! Un bon laboratoire est le meilleur ami d’un photographe. Trouver un en qui vous pouvez avoir confiance et vous ne le regretterez pas ! Vous pouvez également découvrir tout notre service graphique en cliquant ici !

Conclusion

En cette période d’immédiateté et de commodité, la photographie argentique est un changement rafraîchissant de rythme. Pour beaucoup, le film satisfait le désir de ralentir et de profiter du processus de quelque chose qu’ils aiment vraiment. Il est donc de la plus haute importance de savoir en tirer le meilleur parti. Les problèmes qui précèdent sont les pires ennemis du film. En les évitant, vous serez en bonne voie pour obtenir les meilleurs résultats que vos films ont à offrir. Investissez donc dans des films frais, manipulez-les avec soin, tirez et développez-les le plus rapidement possible !